
Dans le Credo, les chrétiens font référence au jour de l’Ascension en confessant que Jésus-Christ est monté au ciel et qu’il siège à la droite de Dieu, le Père tout-puissant.
Il est important de dire que ce faisant, Jésus n’a pas abandonné son corps. Depuis l’incarnation – quand il a été conçu du Saint-Esprit – Jésus s’est uni à l’humanité pour toute éternité.
Maintenant c’est l’homme Jésus, ressuscité et glorifié, qui siège à la droite de Dieu et règne sur toute la création.
Ceci est une source de réconfort pour le chrétien.
Premièrement, le corps de Jésus au ciel est la garantie qu’Il ressuscitera votre corps au dernier jour.
Il est les prémices des morts, puis ceux qui appartiennent à Christ revivront lors de son avènement. (1Co 15.20-23)
La deuxième source de réconfort concernant l’Ascension est fortement liée à la première.
Jésus donne son corps et son sang dans la Sainte-Cène comme gage de votre résurrection.
Il promet :
« Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang qui est versé pour vous pour le pardon des péchés » (Mt 26.28 ; Lc 22.20).
Or, celui à qui Dieu accorde le pardon, celui auquel il ne tient plus rigueur de ses péchés, celui-là il le reçoit dans sa communion de vie et de salut, dans une alliance qui assure la résurrection et la vie éternelle.
Ce n’est pas le corps et le sang d’un homme mort qu’ils prennent en bouche. Ce n’est pas du cannibalisme.
Sous les espèces du pain et du vin, Jésus donne son corps et son sang pour le pardon des péchés.
Ce n’est pas au chrétien d’expliquer comment il le fait, mais le Seigneur vivant, qui siège au ciel, vient vers le fidèle et le vivifie, et il peut le faire car il n’est pas seulement un homme, mais il est aussi Dieu.
À l’époque de la Réformation, les réformateurs non-luthériens, Zwingli et Œcolampade, s’opposèrent à l’enseignement de la vraie présence de Christ dans la Sainte-Cène.
Ces deux hommes citaient Éphésiens 1.20, où il est dit que le Père « l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes ».
Ils prétendirent que si le corps de Christ est dans les lieux célestes, il est impossible que son corps soit simultanément présent sur la terre dans la Sainte-Cène.
Les chrétiens qui soutiennent cette erreur perdent aussi le réconfort de la vraie présence de Jésus dans la Cène.
Puisque Jésus est Dieu, il n’est plus limité par son corps.
L’ange n’a pas eu à rouler la pierre de devant le sépulcre pour permettre à Jésus de sortir, et la porte verrouillée n’empêcha pas Jésus d’entrer dans la chambre haute (Jn 20.19).
Jésus, bien qu’il siège à la droite de Dieu le Père, n’est pas prisonnier du ciel. Il est omniprésent.
Paul écrit :
« Celui qui est descendu, c’est celui qui est monté au-dessus de tous les cieux afin de remplir tout l’univers. » (Ép 4.10)
Jésus promet d’être parmi son peuple. Il n’est pas un Seigneur absent.
Il dit :
« Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28.20).
« En effet, là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18.20).
Jésus est omniprésent, ce qui nous réconforte grandement.
N’a-t-il pas promis :
« Je ne te délaisserai pas et je ne t’abandonnerai pas » (Hé 13.5) ?
Il continue particulièrement son travail sur terre à travers son Église, comme nous lisons dans le dernier verset de l’Évangile selon Marc :
« Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la parole par les signes qui l’accompagnaient » (Mc 16.20).
Jésus parle et il est présent parmi son peuple à travers sa Parole.
Ce n’est pas seulement l’omniprésence de Jésus qui est réconfortante, mais aussi le fait que Jésus soit tout-puissant.
Voici le quatrième soulagement dû à l’Ascension : Jésus règne.
Que signifie le fait de dire que Jésus siège à la droite de Dieu ?
« Des cris de triomphe et de délivrance s’élèvent dans les tentes des justes : la main droite de l’Éternel agit avec puissance ! La main droite de l’Éternel est élevée, la main droite de l’Éternel agit avec puissance ! » (Psaume 118.15-16)
Et encore, Dieu dit par le prophète Ésaïe :
« N’aie pas peur, car je suis moi-même avec toi. Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu. Je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens par ma main droite, la main de la justice. »
(Es 41.10)
La main droite de Dieu ne se trouve pas en un lieu précis, mais elle est l’expression de son œuvre puissante pour le salut de son peuple.
Luther répond à Zwingli :
« Les Écritures nous enseignent cependant que la main droite de Dieu n’est pas un endroit spécifique, comme un trône fait d’or, sur lequel le Christ pourrait s’asseoir, mais elle est la toute-puissance de Dieu, qui est en même temps nulle part et partout. »
Dire que Jésus siège à la droite de Dieu, le Père tout-puissant est donc une façon de dire que Jésus travaille toujours pour votre salut.
Jusqu’ici, l’essentiel de cet article parle du fait que l’Ascension ne se limite pas à ce que Jésus soit au ciel, mais sa présence au ciel est aussi une source de consolation.
Il est écrit dans la lettre aux Hébreux :
« Nous avons bien un tel grand-prêtre, qui s’est assis à la droite du trône de la majesté divine dans le ciel et accomplit son service dans le sanctuaire, dans le véritable tabernacle, celui qui a été dressé par le Seigneur et non par un être humain… » (Hé 8.1-2)
« Quant à Christ, il est venu comme grand-prêtre des biens à venir. Il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait qui n’est pas construit par la main de l’homme – c’est-à-dire qui n’appartient pas à cette création – et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non pas avec le sang de boucs et de jeunes taureaux, mais avec son propre sang. Il nous a ainsi obtenu un rachat éternel » (Hé 9.11-12).
Jésus vous invite à aller à lui, sachant qu’il a présenté le sacrifice pour vos péchés au temple céleste.
Mais ce n’est pas nécessaire pour vous de monter au ciel pour recevoir son pardon. Il est sur terre, et il vient vous offrir sa grâce.
En définitive, quel est le réconfort de l’Ascension ?
En Jésus, vous avez un roi qui domine tout l’univers, qui n’est pas confiné dans les lieux célestes, mais qui maintient un règne particulier dans son Église à travers sa Parole, afin que vous entriez dans son royaume céleste et viviez éternellement auprès de Lui.
Quel réconfort !
Article issu de la revue Amitiés Luthérienne n°123
NB : les titres intermédiaires ne sont pas dans le texte d’origine et permettent d’adapter le texte à la lecture à notre public.